AADEF設立40周年に寄せて 先生方からのメッセージ

クショー エルヴェ 先生

Le passage du témoin
L’âme d’une université est tissée par les étudiants et les enseignants qui s’y sont côtoyés puis succédé. D’une génération à l’autre, il existe bien sûr toutes sortes de différences dans les repères culturels, les manières de vivre, les façons d’étudier et d’enseigner. Notre langue de spécialité, le français, qui nous a réunis et continue de faire le lien entre nous, n’évolue-t-elle pas elle-même avec le temps ?
La génération du livre, des grands romanciers ou philosophes existentialistes de l’après-guerre et des exigeantes méthodes d’enseignement jésuites peut-elle encore partager ses expériences avec celle des tablettes et des SMS, de TikTok et de ChatGPT ? C’est le pari que nous avons fait cette année. Car les passerelles entre les générations ne poussent pas toutes seules comme des champignons dans la nature : il faut les créer et trouver des occasions qui favorisent les échanges de part et d’autre — ce qu’une belle expression française appelle « le passage du témoin ».
L’invitation de cinq étudiants de notre département à la fête du 40ᵉ anniversaire de la création de l’association des anciens étudiants des Études Françaises constitue, de ce point de vue, une excellente opportunité pour créer les conditions de cette rencontre, qui plus est dans un cadre détendu et festif. Un heureux hasard (qui n’en est pas tout à fait un) a également voulu qu’une pièce de théâtre de Molière — Le Malade imaginaire — soit présentée cette année (le 7décembre prochain) par le cercle de théâtre en français de l’Université Sophia, renouant avec une tradition que les anciens étudiants des années 70-80, interprétant en perruques poudrées et en costumes d’époque Le Bourgeois gentilhomme ou Les Fourberies de Scapin, ont eux-mêmes connue.
C’est donc à un personnage de cette pièce (Cléante) que je laisserai le soin de vous remercier du fond du cœur pour votre invitation et de transmettre à son tour le témoin de génération en génération : « C’est m’honorer beaucoup que de vouloir que je sois témoin d’une entrevue si agréable. » (Le Malade imaginaire, acte II, scène 4).

大学というものの魂は、そこに集い、そして時を経て入れ替わっていく学生と教員によって紡がれていきます。世代が変われば、文化的な基盤や生活様式、学び方や教え方など、さまざまな点に違いが生じるのはもちろんのことです。私たちを結びつけ、そして今もなお互いをつなぎ続けている専門語であるフランス語も、時代とともに変化しているのではないでしょうか。

戦後の偉大な小説家や実存主義の哲学者たちの著作を読み、厳格なイエズス会式教育で育った「本の世代」は、タブレットやSMS、TikTokやChatGPTを日常的に使う世代と経験を共有できるのでしょうか。私たちは今年、その可能性にかけてみることにしました。なぜなら、世代をつなぐ架け橋は、自然に生えるキノコのように勝手に生まれるものではなく、自ら作り出し、双方が交流する機会を整えていかなければならないからです。フランス語にはこれを 《le passage du témoin》「バトンの受け渡し」と呼ぶ美しい表現があります。

その意味で、フランス語学科の5名の学生が、フランス語学科同窓会創立40周年記念祝賀会に招待されたことは、世代間の出会いの条件を整える絶好の機会となりました。しかも嬉しいことに(偶然とは言えない巡り合わせですが)、上智大学フランス語劇団が今年12月07日にモリエール作『空想病者』を上演し、1970〜80年代の卒業生たちが白粉のかつらと当時の衣装を身につけて『成金学士』や『スカパンの悪だくみ』を演じていた、あの伝統を再びよみがえらせることになりました。

そこで私は、この劇に登場する人物クレアンテに、皆様からのご招待に心より感謝を申し上げ、そして世代から世代へとバトンをつないでいただく役割を託したいと思います。

――「このように心地よい出会いの場の証人としてお選びいただけるとは、これ以上の光栄はございません。」
(『空想病者』第2幕第4場)

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